mercredi 24 août 2022

L'EXILE - Les apatrides de la dynastie ottomane.

Les souvenirs d'exil "hantent" encore les membres de la dynastie Ottomane.

Il faut bien qu’il se soit joué là-bas un acte inoubliable de cette féerie noire qui a été ma vie, pour que je m’inquiète ainsi de la pensée d’y retourner ; pour que tout ce qui en vient, un mot tartare qui me repasse en tête, une arme d’Orient, une étoffe turque, un parfum, aussitôt me plonge dans une rêverie d’exilé où réapparaît Stamboul ! Pierre LOTI (Fantôme d'Orient).

C'est le soir du 5 mars 1924 qu'un train partit de la gare de Sirkeci à Istanbul et qu'un bateau leva son ancre au quai juste derrière la gare. Tous deux transportaient des membres de la dynastie ottomane vers des terres étrangères après une décision prise deux jours auparavant par le Parlement turc nouvellement créé de les exiler. Voici 100 ans que cela s'est passé.







Il y a 100 ans environ aujourd'hui, le Parlement Turc a décidé d'abolir le califat et d'expulser tous les membres de la famille ottomane. Les membres de la dynastie ottomane, qui ont établi un empire géant au cours de leurs 600 ans de règne sur cinq continents, ont eu des heures pour faire leurs adieux à leur patrie et se sont retrouvés sans aucun moyen financier pour commencer une nouvelle vie. 

La plupart des membres de la famille ont traversé diverses épreuves et ont été submergés par le mal du pays pendant leur exil. Arzu Enver Eroğan, l'arrière-petite-fille du sultan Abdülmecid II, le dernier calife ottoman, et petite-fille d'Enver Paşa, ministre de la Défense et chef d'état-major de l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale et personnage historique important, est l'un des membres de la famille ottomane avec qui Zaman de dimanche a parlé des tragédies que sa famille a subies pendant son exil. Le père d'Eroğan est le fils de la princesse Emine Naciye Sultan, la fille du sultan Abdülmecid. 

Sa grand-mère Naciye Sultan était mariée à Enver Paşa, qui est son grand-père. « Mon père, mes tantes et ma grand-mère vivaient à Nice avec le calife [Abdülmecit]. Il se sont installés à leur arrivée à hôtel ALHAMBRA, il y avait une suite de 80 personnes en plus de sa Famille (voir en bas de cet article), puis ils sont allés à la Villa Xoucles et enfin au Palais CARABACEL (malheureusement ces Palais ont disparu au profit de constructions modernes plus ou moins réussites).

Ils avaient de sérieux problèmes financiers. Bien qu'ils aient vécu dans des palais auparavant, ils se sont soudainement retrouvés à la rue. Ils étaient sans le sou et n'étaient pas prêts à s'adapter à une vie en dehors du palais. 

Ils se sont retrouvés sans patrie, sans aucun moyen financier pour subvenir à leurs besoins et ont été exilés avec un passeport français temporaire valable un an », a-t-elle déclaré dimanche à Zaman. 

Eroğan a déclaré que certains membres de la famille ottomane travaillaient comme chauffeurs de taxi ou gardiens de cimetière dans les pays où ils étaient exilés afin de subvenir à leurs besoins, tandis que certains membres féminins, comme Niloufer Farhat Begum Sahiba, ont choisi de se sauver en épousant des membres d'autres familles royales comme celles de l'Inde. 

Source :  L'Éclaireur du dimanche illustré

Debout, de gauche à droite : S.A.R. le Prince sahib ZADE AZAM JAH, S.A.I. La Princesse DURRU CHEHVAR. S.A.I. La Princesse NILOUFER HANIM SULTANA, S.A.R. Le Prince Sahib ZADE MOUAZAM JAH ; Au centre, assis : S.M.I. Le Kalife ABDUL MEDJID II et les jeunes Princesses de la famille impériale. La Princesse DURRU CHEHVAR était habillée par la Maison « Marie-Thérèse », de Nice. (Sadi-Photo).


Article, LES "RESM.I-DUYOUN" OU LES NOCES SOLENNELLES

Quel dommage que nous n'avions pas été à Hyderabad ! Nous eussions assisté à un spectacle féerique. Dans des carrosses aux moulures d'ivoire et d'or, deux couples jeunes et beaux auraient été conduits en leur palais aux sons des fanfares et parmi les acclamations d'une foule délirante ; un cortège immense les eût accompagnés, précédé des éléphants blancs au caparaçon serti de pierreries, les défenses jumelées par des chaînes d'argent fin. Des hommes d'armes, la hallebarde à l'épaule, auraient encadré, en la dominant de leur haute taille, la théorie des seigneurs au turban tissé de fils précieux. Et des tapis de fleurs auraient tracé un chemin de rêve et d'amour sous les babouches d'or des jolies princesses...

Nous n'avons pas eu ce spectacle, tout de faste extérieur. Mais ce n'est pas sans une émouvante grandeur que, dans la simplicité du foyer impérial de Cimiez, se sont déroulées les noces solennelles de S.A.I. la princesse Durru Chéhvar. Fille de S.M.I. le Kalife Abdul Medjid II. Le Commandeur des croyants, avec S.A.R. le prince Sahibzadé Azam Jah, héritier du trône d'Hyderabad, et de la princesse Niloufer Hanim Sultane avec le prince Sahibzadé Mouazam Jah.

Dans le grand salon du Palais Carabacel, se trouvaient réunis, autour du Kalife, les membres des familles impériale et royale, les hauts dignitaires et la suite des princes hindous et les familiers de la résidence.

Alors, précédés de délicieuses fillettes tout de blanc vêtues, couronnées de roses et portant des brassées de fleurs immaculées, descendirent, de l'escalier monumental, les nouveaux mariés.

En tête, le fils aîné du Nizam, offrant le bras à sa jeune épouse. Lui, en tunique brodée, le turban surmonté d'une aigrette, l'épée au côté. Elle, moulée dans une somptueuse toilette ds drap d'argent dont la grande simplicité de coupe faisait ressortir son altière beauté ; le corsage croisé, légèrement drapé, était noué sur le côté par deux coques d'argent dont les pans, souples et longs, se perdaient dans les plis harmonieux de la jupe. Le manteau de Cour, en même tissu, formait une majestueuse traîne de dix mètres. Une simple tulle, retenu par une torsade d'oranger, Encadrait visage à l'ovale si pur. Un voile souple et vaporeux complétait à ravir ce merveilleux ensemble, chef-d'œuvre de la Maison Marie-Thérèse.

Derrière eux, la princesse Niloufer Hanim Sultane, dont la grâce le disputait à l'élégance, s'appuyait au bras du prince Sahib zadé Moazzam Jah, en grande tenue également.

L'entrée de ces deux couples, si harmonieusement unis, avait tant de majesté et de charme à la fois que l'assistance entière éclata en applaudissements. On fêta longuement les jeunes mariés qui, après s être inclinés devant le Kalife, défilèrent dans les salons, sans cesse acclamés.

Puis, se déroula une très brillante réception. Princes et princesses ne laissèrent pas d'être l'objet des plus délicates attentions. Mais, à leur côté, de quelle déférence et profonde affection n'entoura-t-on pas, également, le Kalife Abdulmajid ! Chacun s'associa au bonheur de l'illustre vieillard, qui ne s'est pas contenté d'être un des plus puissants souverains de la Terre, et qui a forcé 1 admiration des artistes et des savants par ses travaux, comme il a sollicité, par sa bonté et sa grandeur d'âme, la fervente gratitude des plus humbles.

Dans une atmosphère de faste et d'intimité tous ensemble, cette joyeuse réunion nuptiale se poursuivit jusqu'à 1 heure du dîner. C'est le moment que choisirent les époux pour quitter le Palais Carabacel. Avec le même cérémonial qu'à leur entrée, princes et princesses prirent congé pour se rendre au Negresco, où ils ont fixé leur résidence pendant leur séjour à Nice.

Dans les premiers jours de décembre, ils quitteront définitivement nos rives d'azur. Un grand paquebot, monstre moderne qui a remplacé la frêle nef de Cythère les emmènera vers les Indes lointaines... Et Hyderabad, pendant trente jours et trente nuits, les fêtera.

Dans la poussière d'or du soleil triomphant Et la pâle clarté qui tombe des étoiles... D.-J. MARI.


Le mariage est célébré par Mtre Garibaldi et les robes des mariées ont été cousues par e Marie-Thérèse » (une maison de couture niçoise très en vogue.).


LL.AA.RR. Le Prince SAHIBZADÉ AZAM JAH et son frère le Prince SAHIBZADÉ MOUAZAM JAH se rendent auprès de leurs fiancées, parés de fleurs, portant autour du cou un long collier de roses rouges et blanches. (Photo Ramalli)

Au 1er rang, de gauche à droite : la jeune Princesse DURRU CHEHVAR. le Kalife ABDUL MEDJID II, la Princesse NILOUFER HANIM SULTANA et SHAVKET ALI. — Au 2me rang : 
HUSSEIN NAKIB BEY. Sir R. CHENEVIX TRENCH, le Prince SAHIBZADÉ AZAM JAH, le Prince OMER FAROUK.

KIAMIL BEY, le Prince ALI WASSIB, HAMY BEY, Sir AKBER HYDARI, le Prince OSMAN FUAD et le Prince SAHIBZADÉ MOUAZAM JAH. (Photo Ramalli)

Deux Grands Mariages Musulmans

Dans ce Palais Carabacel qui abrite, sur la jolie colline de Cimiez, l'œil du Kalife et de la famille impériale, une cérémonie, qui aura dans le monde musulman une immense et heureuse répercussion, vient de se dérouler.

Le fils aîné du Nizam d'Hyderabad, le seigneur indépendant le plus puissant de l'Inde, a épousé la fille du chef suprême de l'Islam, et le frère cadet de celui-ci a été uni à arrière-petite-fille du Sultan Mourad V de Turquie.

Grandiose cérémonie dont la gravité n'excluait pas un caractère joyeux de fête.

Et quel déploiement de faste, quel pittoresque, quelle somptuosité dans l'apparat. Ce ne fut pas, en effet, sans un certain décorum, que les deux Altesses firent leur entrée au Palais Carabacel.

Voici, en tête d'un long cortège de voitures une automobile toute fleurie. Deux jeunes hommes en descendent. Ils portent le costume national, fait d'une tunique vert amarante richement brodée, aux pieds des babouches dorées, le chef recouvert d'un turban jaune surmonté d'une aigrette et entièrement entouré de fleurs tressées. Autour du cou, ils ont passé un long collier fait de roses rouges et blanches entrelacées et ils portent à la main droite un glaive au pommeau d'or et au fourreau enrichi de pierreries.

Des autres voitures descendent les dignitaires et leur suite : Sir Akber Hydari, ministre des Finances et des Affaires étrangères d'Hyderabad. et Lady Akber Hydari ; le mawlana Shavket Ali, leader des Musulmans de l'Inde ; le nabab et la Bégun Mahdi Yar Jung, le major général Osman Yarud Dowlah Bahadur. le nabab Nasir Nawaz Yarud Dowlah Bahadur. Asif Ali Baig, Moulana Shaukat Ali, M. Faramesvara Iger, M. Ighal Hydari, Sir Richard Chenevix Trench, Mr et Mrs Burnett. Zahid Ali.

Tous ont revêtu leurs habits de gala, tuniques brodées et turbans chamarrés, épée au côté.

A la porte du Palais, des cipayes en tenue forment la haie d'honneur. Les deux princes s'avancent vers S.M.I. Le Kalife qu'entourent LL. AA. II. Le prince Şehzade Ormer Farouk. Le prince Osman Fuad et le prince Ali Vasib ; puis, derrière les membres de la famille impériale ; Damad Chériff Pacha, Lebib Bey, Rechid Sadi Bey, Kiamil Bey, Hussein Nakib Bey, Faredin Bey, Ahmed Rechid Bey, Hamy Bey, portant la fez rouge, et les invités du Kalife : le prince Isaac Mofakhan, Mr et Mrs Pickthall. M. André Ribard, le docteur Castelli et M. Arpiar M. Arparian,

C'est dans le vaste salon que va se dérouler la cérémonie du double mariage, cérémonie fort simple au demeurant et dont les femmes, les fiancées comprises, sont, suivant la coutume, absentes.

S.A.I. La princesse Durru Chéhvar est représentée par son frère, le prince  Şehzade Ömer Faruk ; ses témoins sont Rechid Sadi Bey et Hussein Nakid Bey ; la princesse Niloufer Harrim Sultana est représentée par son oncle, le prince Şehzade Osman Fuad ; ses témoins sont Hamy Bey et Lebib Bey.

Quant aux princes Sahibzadé Azam Jah et Sahibzadé Mouazan Jah, ils ont comme représentant commun Sir Akber Hydari, et comme témoins communs également, le nabab Madhi Yar Jung et le major général Osman Yarud Dowlah Bahadur.

C'est Mtre Grimaldi qui, en sa qualité de conseil juridique du Kalife, a rédigé le protocole sur lequel mariés, représentants et témoins apposent leur signature. Le Kalife fait fonctions d'officier de l'état-civil, assisté de S. Exc. Damad Chérif Pacha. M. Wiseman Keogh, consul de Grande-Bretagne, légalise L 'acte.

Pus, avec le cérémonial musulman, une prière est faite par toute l'assistance pour le bonheur des époux.
C'est fini. Les deux jeunes mariées viennent alors prendre part à la réception qui crée dans les salons largement ouverts la plus brillante animation.

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La suite de cette triste histoire des exilés

Elle a ajouté qu'il y avait même des membres de la famille qui sont morts de faim ou se sont suicidés. Ce ne sont pas seulement les problèmes financiers qui ont rendu la vie difficile aux membres de la dynastie ottomane, car ils avaient également un désir éternel pour leur patrie. 

Eroğan a déclaré que sa grand-mère Naciye Sultan avait beaucoup souffert du mal du pays et était décédée d'un cancer cinq ans après avoir été autorisée à venir en Turquie en 1952. En 1952, la Turquie a autorisé les membres féminins de la famille ottomane et leurs enfants à rentrer dans le pays tandis que l'exil des membres masculins a pris fin en 1974 par décret gouvernemental. 

Une autre difficulté rencontrée par les membres exilés de la famille ottomane était le manque de sentiment d'appartenance à un lieu. « Je les appelle [les membres exilés de la famille] une génération perdue. Ils n'appartenaient ni à la Turquie ni à l'Europe », a-t-elle déclaré, ajoutant que son père, Ali Enver, qui est revenu en Turquie après que les hommes de la dynastie ottomane ont été autorisés à revenir, a quitté le pays parce qu'il ne pouvait pas s'adapter à la vie en Turquie et est allé en Australie, où il a perdu la vie. 

Lorsqu'on lui a demandé par Zaman le dimanche si elle avait personnellement du ressentiment envers Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la nation, parce qu'il avait exilé sa famille, Eroğlu a déclaré qu'elle n'avait aucun ressentiment parce qu'il établissait un nouvel État et devait prendre certaines mesures pour établir une nouvelle règle. 

Elle a dit qu'elle en voulait en fait à ceux qui qualifiaient ses grands-pères de "traîtres" parce qu'ils avaient quitté le pays. Resan İris est encore un autre membre de la dynastie ottomane. Son père est le fils de la petite-fille du sultan Murad V, Fatma Sultan. Interrogée sur les souvenirs qu'elle avait l'habitude d'entendre de ses aînés concernant les années d'exil, İris a déclaré que son père, avec ses grands-parents, avait déménagé à Budapest, à Vienne puis en Bulgarie après la décision parlementaire de 1924 d'exiler la famille ottomane. 

« Mon père avait 8 ans à l'époque. Il avait l'habitude de dire qu'il était heureux d'apprendre qu'ils quittaient le palais [d'Ortaköy] parce qu'il trouvait la vie là-bas ennuyeuse », a-t-elle déclaré, ajoutant que la vie à l'étranger s'avérait très difficile pour sa famille. « Mon père a même été condamné à la peine de mort en Bulgarie pour avoir été un espion pendant la révolution. Il a été emprisonné pendant sept ans et demi et a été sauvé grâce aux efforts de [l'ancien Premier ministre Adnan] Menderes et de la femme d'Atatürk, Latife Hanım. Il a été extradé vers la Turquie grâce à un échange de prisonniers », a-t-elle expliqué. Après le retour de son père en Turquie, İris a déclaré qu'il s'était toujours senti en conflit. 

"Parfois, il disait qu'il était Européen, parfois Ottoman. Il y avait toujours un conflit en lui », a-t-elle déclaré dimanche à Zaman. Kayıhan Osmanoğlu, le petit-fils du sultan Abdülhamid II, est le premier şehzade (prince) ottoman à être né en Turquie après l'exil. 

Contrairement à d'autres membres de la dynastie ottomane, Osmanoğlu en veut à Atatürk pour sa décision d'exiler les membres de sa famille. (De la famille ottomane). 

Un autre membre de la famille royale ottomane, Bala Hodo, l'arrière-petite-fille du sultan Mehmed V (Reşad), dont la grand-mère faisait partie des membres exilés de la famille, a déclaré que sa grand-mère était d'abord partie en Égypte, au Liban puis en Hongrie. 
« J'ai entendu de ma mère que la raison pour laquelle ma grand-mère a déménagé en Hongrie était due à son désir de se rapprocher de la Turquie. 
Elle souffrait de tuberculose et avait l'habitude de dire : "Si je pouvais boire un verre d'eau de ma terre, je pourrais guérir", a déclaré Hodo. Sa grand-mère est décédée à l'âge de 19 ans au Liban alors qu'elle aspirait encore à sa patrie. 

Ma Grand-mère Princesse Kadrie elle aussi a souffert de la tuberculose, elle est morte très jeune. Bien d'autres Princes et Princesses sont mort avant et pendant la deuxième guerre mondiale.

Désormais, Le calife peut s'adonner à sa passion, la peinture.  Eh oui, la peinture ! La chose peut paraitre bizarre pour le chef spirituel d'une religion qui Interdit formellement la représentation des êtres vivants, Mais Abdul Medjid adore peindre et il a jadis composé un coucher de soleil sur le Bosphore pour Pierre Loti : Maintenant, il fait son autoportrait, une œuvre d'une très honnête facture et d'un charmant réalisme que M Figutra et son équipe ont conservé avec soin au musée Massena à Nice.




Autoportrait d’Abdülmecid II, l’une des 60 œuvres connues du prince ottoman 
(Musée Sakıp Sabancı)

Le dernier sultan de l'Empire ottoman était Mehmed VI (1918–1922). 

Il fut déposé lorsque le sultanat fut aboli par la Grande Assemblée nationale de Turquie, abandonna le pays et mourut en Italie en 1926. Le sultan ottoman portant également le titre de calife, Mehmed fut remplacé au califat par son cousin germain Abdulmejid II. (1922–1924), qui devait agir comme une figure uniquement religieuse. 

          À la fin, cependant, le califat a également été aboli en 1924 et Abdulmejid a été exilé.

Cependant, cela ne signifie pas que la maison d'Osman est éteinte. Il y a de nombreux membres vivants et bien vivants en Turquie et à l'étranger. Ils utilisent principalement le nom de famille Osmanoğlu. 

Le chef de la maison était Ali Osman (Il est mort en janvier 18, 2021, Damas, Syrie).

Exil et dernières années

Le sultan Mehmed VI, quittant le palais de Dolmabahçe à Constantinople quelques jours après sa déposition.



L'ancien sultan arrivé à Malte, le 9 décembre 1922 sur un bateau de guerre Britannique.
Le 17 novembre 1922, Mehmed VI quitte Constantinople sur le cuirassé britannique HMS Malaya. Craignant d'être jugé, il trouve refuge à Malte. Le 18 novembre, la Grande assemblée nationale élit Abdülmecid II, cousin du sultan déchu, nouveau calife. L'ancien sultan ne reconnaît pas la décision de la Grande assemblée nationale de le déchoir de son titre de calife. Quelques semaines après son arrivée à Malte, il se rend à La Mecque à l'invitation du chérif Hussein (15 janvier - 2 mai 1923). Cependant, ses intentions lors de ce pèlerinage sont mal connues.

En mai 1923, il s'installe à Sanremo, en Ligurie, Italie. Ses dernières années de vie sont vécues dans des conditions matérielles difficiles, le sultan ayant abandonné sa fortune lors de son départ en exil. Il meurt d'une crise cardiaque le 16 mai 1926 à l'âge de 65 ans. Ses funérailles sont célébrées à Damas où il est inhumé, son corps n'étant pas accepté en Turquie.

Ma mère me disait souvent : « nous sommes des apatrides, des exilés ». Je ne comprenais pas bien ce qu’elle voulait me dire, j’étais un enfant de 6 ans. Bien entendu avec le temps j’ai bien compris ce que cela signifiait. Par la suite cette idée a pris une certaine consistance dans mon esprit, j’ai lu des écrits sur les Ottomans les occurrences du mot EXIL sont majoritaires et bien sûr ceci est devenu une réalité pour moi, ce sujet était le cœur de leurs hantises et de leurs désespoirs il y a 100 ans.

Ces tristes histoires et cet exil Familiale, pourraient faire l'objet d'un livre.


Rédiger ce document me permet de mieux comprendre l'exil de ma famille apatride et « d'approcher » de nombreuses personnes, ainsi que des turcs qui connaissent très bien l’histoire des Ottomans (Les Osmanoglu sont toujours dans le cœur des Turcs).

Le 3 mars 1924. 

Les dirigeants de la République turque nouvellement formée ordonnèrent l'exil des membres de la famille royale ottomane. Cela ne signifiait pas seulement la déportation, mais signifiait également le début d'un voyage qui comprenait des conditions de vie difficiles dans différentes parties du monde.

Lorsque le sultanat et le califat ottomans ont été abolis, 156 ou 155 personnes appartenant à la famille royale se sont vu refuser la citoyenneté turque par une loi entrée en vigueur le 3 mars 1924 et ont été expulsées dans les trois jours suivants. Avec ceux qui étaient exilés avec leurs parents ou leurs enfants, même s'ils n'étaient pas soumis à la loi, et les serviteurs qui ne voulaient pas quitter leurs maîtres, le nombre d'exilés atteignait des centaines. La loi leur interdisait même de passer par la Turquie en transit. On leur a également dit de liquider leurs actifs dans un délai d'un an, sinon ils seraient saisis par le Trésor. Le sultan Mehmed VI s'est exilé plus tôt. Le sultan Abdülmecid II et sa famille ont été expulsés dans les 24 heures, avant même que la loi n'entre en vigueur, et ils sont montés à bord d'un train à Çatalca au lieu de Sirkeci car les responsables craignaient les manifestations. Le directeur juif de la gare a été la dernière personne à témoigner du respect au sultan dans son pays natal.

Bien que les femmes aient été interdites de gouverner un pays dans la tradition ottomane-islamique, les femmes et leurs enfants, même les mariés et les mariées, de la famille ottomane ont été exilés. Aucune des dynasties des empires européens renversés par la révolution n'a été traitée de la sorte ; seuls les monarques ont été exilés et leurs biens et avoirs leur ont été restitués peu de temps après. Seuls le tsar et la tsarine de Russie ont été massacrés avec leurs enfants, et c'était parce que l'armée blanche tsariste était sur le point de sauver le tsar et sa famille.

Les membres de la famille ottomane ont reçu des passeports à sens unique. Ils voulaient aller en Égypte, l'un des pays autrefois situés à l'intérieur des frontières de l'Empire ottoman, mais ni les Britanniques, qui régnaient sur la région, ni le roi Fouad, qui était jaloux des Ottomans, ne les ont laissés s'y installer. Lorsqu'ils ont voulu se rendre en Syrie, car elle était proche de leur patrie, la République de Turquie nouvellement établie l'en a empêché. Par conséquent, certains membres de la famille ottomane se sont installés à Beyrouth sous le règne des Français et les autres se sont dispersés dans toute l'Europe. Leurs palais ont été saccagés sous la surveillance de la police avant même leur départ. Certains pouvaient vendre leurs maisons, antiquités et œuvres d'art de valeur pour presque rien et certains les donnaient à ceux en qui ils avaient confiance. Certains de ces "de confiance" les gens les ont trahis et ont pris tout leur argent et leurs biens tandis que le reste des biens a été saisi par l'État et leur droit de succession, hérité de leurs grands-pères, a été rendu invalide. Ainsi, une cruauté qui n'a pas été vécue tant de fois dans le monde a été jugée appropriée pour les défunts d'Osman, le fondateur de l'Empire ottoman. La famille ottomane, qui descendait du légendaire Oghuz Khagan et était l'une des plus anciennes dynasties du monde, a été chassée de la scène politique.

La famille ottomane ne pouvait pas croire ce qui se passait. Ils avaient entendu des rumeurs sur l'abolition du sultanat à la veille de l'exil, mais ils pensaient que le public les aimait et les favorisait encore et ne présumait même pas une telle chose. Une fois bannis, ils pensaient que l'exil était une situation temporaire. En fait, la plupart d'entre eux n'ont pas emporté tous leurs biens avec eux car ils pensaient qu'ils rentreraient chez eux dans quelques mois. Cependant, l'exil a duré 30 ans pour les femmes et 50 ans pour les hommes. Tous vivaient en exil avec un pays et un passeport. Les princes ont été formés dans l'armée, dont ils ne pouvaient pas faire usage pendant l'exil. Il n'était pas possible pour les sultans âgés de travailler pour gagner leur vie. Ces gens qui avaient l'habitude de donner de l'argent à des organismes de bienfaisance n'avaient pas d'argent en banque ni d'argent liquide sur eux. 

Lorsqu'ils ont été exilés de la République turque, chaque famille a reçu 1 000 TL, qui ne couvraient que leurs frais de voyage et d'entretien pendant un mois.  Après avoir sous-vendu leurs bijoux...

Des nobles musulmans tels qu'Osman Ali Khan, Asaf Jah VII, le dirigeant d'Hyderabad, qui est situé dans l'Inde actuelle, le prince égyptien Ömer Tosun et le roi du Hejaz Husain ibn Ali ont tenté d'aider financièrement les membres de cette dynastie déchue, mais la plupart de l'aide n'a pas atteint ceux qui en avaient besoin car la famille royale était dispersée dans le monde entier. 

De plus, le gouvernement d'Ankara réagit aux mariages entre étrangers et membres de la famille royale et surveille chacun de leurs pas dans l'exil. En conséquence, la France n'a pas accordé la citoyenneté aux descendants de Soliman le Magnifique qui a sauvé le roi français François Ier, mais leur a donné des passeports qui leur ont permis de voyager librement.

La famille ottomane était confrontée à la pauvreté, aux privations et aux maladies en plus du mal du pays et de la douleur de l'injustice. Cependant, ils vivaient tous dans la dignité et avec leur honneur. 

Ils ont été blessés par le traitement qu'ils ont subi, mais ils n'ont jamais travaillé contre leur pays. 

Les femmes de la famille ottomane ont été amnistiées en 1952 par le gouvernement dirigé par Adnan Menderes et l'amnistie générale, entrée en vigueur en 1974, a permis aux princes ottomans de retourner dans leur patrie. 

Cependant, on ne peut s'empêcher de se demander s'ils ont attendu pour accorder l'amnistie à la famille royale. Apparemment, la République de Turquie craignait encore ces personnes désespérées et exilées. Lorsque l'amnistie générale a été mise en pratique, très peu sont retournés en Turquie. Les jeunes se sont installés en exil et ont fondé des familles. Ceux qui sont revenus n'ont pas obtenu la nationalité turque immédiatement.



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L'Alhambra Nice




Il s’agit d’une commande de la vicomtesse de Bernis qui le loue sur plan à madame Sabatier signataire du bail commercial avec l’hôtelier suisse Candrian. En 1900, sa construction est confiée à l’architecte Jules Sioly (1870, Nice — 1935, Nice)1. Le style mauresque choisi n’est pas un choix personnel de l’architecte, mais plutôt un clin d'œil racoleur vers une clientèle hivernante, à cette époque, éprise d'exotisme. La technique de construction est obtenue simplement par des placages décoratifs plus ou moins complets (arcs outrepassés, minarets) sur une façade classique généralement haussmannienne2.
Le corps de bâtiment se développe sur un plan en V avec ses ailes en est et en ouest.

L'hôtel ouvre en 1901. Il possède tout le confort pour attirer une clientèle fortunée pendant la saison qui se limite alors à l'hiver.

Pendant la Première Guerre mondiale, l'hôtel est réquisitionné et sert d'hôpital auxiliaire.
À la sortie de la guerre, le nouveau propriétaire le rénove. Durant les années folles, la saison n'est plus réduite3 au mois de février et mars : le nouveau propriétaire, l'hôtelier Louis Leospo y inaugure un restaurant d'été dans le style de l'hôtel 4. Après la Seconde Guerre mondiale, et comme beaucoup d'hôtels de la Riviera, l’édifice est transformé en immeuble d’habitation.
La Seconde Guerre mondiale marque l'arrêt de l'hôtel. Il est transformé en immeuble de logements en 1947. L'immeuble devient une copropriété en 19515.

Les façades et toiture du bâtiment de l'ancien hôtel, actuellement Résidence Alhambra ; à l'intérieur le vestibule d'entrée, le grand hall avec sa cheminée, la cage de l'escalier principal avec son ascenseur et le parc en totalité sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 20 juin 20006.

L'édifice a reçu le label « Patrimoine du xxe siècle » 
À partir de l’adresse <https://fr.wikipedia.org/wiki/Alhambra_(Nice)> 

L'Alhambra est l'un des exemples les plus spectaculaires d'un ancien hôtel de style néo-mauresque sur la côte d'Azur. Il est situé sur une parcelle délimitée par le no 46-48 du boulevard de Cimiez en ouest, et par l'avenue de Villebois Mareuil en est, de la commune de Nice.

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Autres sources :


Memoirs of an Ottoman Prince: Ali Vasib Efendi:

L'Éclaireur du dimanche illustré | 1931-11-01 | Gallica (bnf.fr)

Misc. Articles - Ayşe Osmanoğlu (ayseosmanoglu.com)




AVEC MON PÈRE LE SULTAN ABDULHAMID - De son palais à la prison - OSMNANOGLU A. - livre, ebook, epub (editions-harmattan.fr)


Neslişah : Une princesse ottomane à l'ère républicaine.

Alhambra (Nice) — Wikipédia (wikipedia.org)

Erol GIRAUDY: Le voyage d'exil et la vie d'exil du dernier calife Abdülmecid II

Erol GIRAUDY: La Villa Xoucles de Cimiez en France.

Peintures du calife (haberturk.com)

LE TABLEAU DU CALIFE OTTOMAN ABDULMECID II - Turquie News (turquie-news.com)

Abdülmecid II : artiste, musicien et dernier calife de l’islam | Middle East Eye édition française

Les deux articles de L'Éclaireur du dimanche illustré.




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Erol GIRAUDY 


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